IMPORT EXPORT -
De la friperie, elle est devenue une vraie femme d’affaires
Comment réussir son entreprise au Burundi, si on n’a pas des biens à hypothéquer pour accéder aux crédits ? A entendre la plupart des potentiels entrepreneurs, l’accès aux crédits est le principal obstacle qui les empêche de réussir et de prospérer. Pour Madame Christine NDAYISHIMIYE, cette opinion qui est devenue généralisée est fausse et elle décourage et bloque l’entreprenariat au Burundi. Cette brave femme pense le contraire des autres parce qu’elle a pu réussir là où les autres ont échoué, et a ainsi pu survivre de la crise politique et économique qu’a traversé le Burundi. Quelle est son histoire ?
Madame Christine N. a commencé son business avec la friperie dans les années 92 au marché central de Bujumbura. A l’époque, elle avait un capital de moins de 100.000BIF. Malheureusement avec la crise économique et surtout l’embargo imposé au pays, elle est tombée en faillite, d’autant plus qu’il n’y avait quasi plus d’importations. Cette situation économique ne l’a pas découragé, au contraire elle a épargné le peu d’argent qui lui restait à la Caisse d’Epargne et Coopérative Mutuelle(CECM). Son épargne sur un compte bloqué, lui a servi d’avaliseur pour avoir un crédit de 50$, nouveau capital pour se relancer dans son business de commerce. Cette fois-ci, elle a changéd’orientation et s'est lancée dans l’import-export. Elle exportait de l’huile de palme vers le Rwanda et revenait avec des produits de beauté (crème, lait de corps, etc.). Au bout de 3ans, grâce à sa crédibilité, elle chercha un avaliseur pour contracter un crédit plus important au sein de la CECM, et commença à aller au Kenya où elle exportait des articles divers. Elle devient ainsi une commerçante grossiste, avec un dépôt situé tout près du marché central, elle fournit aux détaillants de ce dernier leurs marchandises (les emballages en plastique, les savons de lessive, les bonbons, etc.).
Se contenter de ce qu’elle a, n’a jamais été l’ambition de Madame Christine N. En effet, elle ne s’est jamais arrêtée mais a continué à agrandir sa part du marché, en allant à Dubaï où elle importa des matériaux de construction (tuile, plafond, peinture, câbles électriques, etc.). A côté de son commerce de gros, cette courageuse femme a aussi un magasin de vêtements. Elle nous a révélé que l’idée d’ouvrir ce magasin est venue de ses voyages où elle a constaté qu’elle avait beaucoup de kilos de bagages à main et a décidé de ramener des articles moins lourds comme les chemises, les robes de mariés, les tissus, etc. Avec un début de 75.000BIF (50$) de crédit, elle reçoit à l’heure actuelle plus de 10.000.000BIF, au sein même de la CECM. Aujourd’hui, Madame Christine N. est satisfaite de son business et le secret de sa réussite est pour elle son déterminisme « je n’ai peur de rien » et sa bonne foi « l’argent de la CECM, ne m’appartient pas, je fais ce que je dois faire avec, et ce qui m’appartient c’est le bénéfice ». Ce témoignage est authentique au sein de la CECM où elle est surnommé N° 1 à cause de sa remarquable loyauté. Son entreprise, constituée de ce magasin de vêtements et de ces dépôts, emploie 7 salariés.
Le conseil qu’elle donne aux potentiels entrepreneurs burundais est de ne pas avoir honte d’aucune activité génératrice de revenu : « Je suis prête à vendre n’importe quoi, dans la mesure où ça me rapporte de l’argent » et de ne jamais oublier que le seul argent qui appartient à un entrepreneur c’est le bénéfice « Quand on commence à changer de mode de vie parce qu’on vient de recevoir un crédit, on a déjà échoué ». Elle encourage aussi les femmes à entreprendre car elle trouve que c’est possible « Quand j’ai commencé mon commerce de friperie je venais d’avoir mon premier enfant, aujourd’hui j’en ai six mais cela ne m’empêche pas de continuer mon travail ».
Contact :
NDAYISHIMIYE Christine
Galérie Mbaza, porte C
BP.6499 Bujumbura -Burundi
Email : chndashimyeahoo.fr
Tél (+257) 75 967 496
(+257) 79 967 496






