La Conférence de Monterrey
1. Les objectifs :
La Conférence internationale sur le financement du développement qui s'est tenue à Monterrey (Mexique) du 18 au 22 mars 2002 a permis de "lancer un effort mondial pour financer l'avenir et soutenir la réalisation des objectifs de développement du millénaire", à savoir l'élimination de la pauvreté, l'amélioration des conditions sociales par l'élévation des niveaux de vie dans les pays en développement et en transition, et la protection de l'environnement.
La libéralisation du commerce, l'aide publique au développement et la dette ont été au centre des préoccupations de cet évènement.
2. Le consensus de Monterrey:
Dans ce texte concluant la Conférence de Monterrey, les chefs d'Etat et de gouvernement notent avec inquiétude que les ressources mobilisées sont insuffisantes pour réaliser les objectifs du Millénaire, en particulier la réduction de la pauvreté.
Ils en appellent à un nouveau partenariat entre les pays développés et les pays en développement.
a. Renforcer le secteur financier national :
- Mise en place de dispositifs d'intermédiation financière, de cadres réglementaires transparents et de mécanismes de surveillance appuyés par une solide banque centrale ;
- Faciliter l'accès des petites et moyennes entreprises au financement local ;
- Prendre les mesures adéquates pour intégrer le secteur informel dans le secteur formel ;
- Développer l'épargne interne ;
- Eliminer la corruption ;
- Favoriser l'investissement étranger direct par des mesures d'allègement de la fiscalité.
b. Mobiliser les ressources internationales par:
- Refus de la double imposition ;
- Mise en valeur des ressources humaines, de la gestion des entreprises, des normes comptables et la promotion de la concurrence ;
- Partenariats entre les secteurs public et privé ;
- Signature d'accords d'investissements ;
- Transparence et à la fiabilité des courants financiers ;
- Meilleure gestion de la structure des dettes extérieures ;
- Contrôle des risques de change et de liquidité ;
- Renforcement de la réglementation prudentielle et du contrôle de toutes les institutions financières ;
- Libéralisation des courants de capitaux ;
- Application "de manière graduelle et volontaire" des codes et normes internationalement établis.
c. Libéraliser le commerce international par :
- Suppression des barrières commerciales;
- Suppression des subventions dont la nature fausse les échanges ;
- Appui des projets visant à promouvoir l'intégration sous-régionale et régionale entre pays en développement et pays en transition.
d. Le renforcement de la coopération financière et technique internationale :
- Le Consensus invite les pays développés à atteindre les objectifs consistant à consacrer 0,7% de leur PNB en faveur de l'aide au développement et à affecter une part de 0,15% à 0,20% en faveur des pays les moins avancés.
- Harmonisation des procédures opérationnelles pour réduire les coûts des transactions et assouplir les modalités de décaissement et d'acheminement de l'APD;
- Abandon de l'aide liée;
- Amélioration de la capacité d'absorption et de la gestion financière des pays bénéficiaires;
- Amélioration de la capacité à utiliser des cadres de développement;
- La stimulation d'autres modes de financement pour le développement comme l'investissement étranger, les échanges commerciaux et les ressources nationales.
e. La dette extérieure
- Rappel aux créanciers et débiteurs leur égale responsabilité devant la prévention et le règlement d'une situation non viable de la dette ;
- Mise en place rapide et active de mesures d'atténuation de la dette ;
- Mise en œuvre d'un ensemble de principes précis pour la gestion et le règlement des crises financières (répartition équitable du coût entre secteur public et privé et entre créanciers, débiteurs et investisseurs).
f. Règlement des problèmes systémiques :
- Accroître davantage la participation des pays en développement et en transition aux dialogues et processus de prise de décisions internationaux.
- Renforcer la coordination entre le système des Nations Unies et les autres institutions multilatérales oeuvrant dans les domaines des finances, du commerce et du développement.
- Renforcer la coopération fiscale internationale (lutte contre la corruption et le rapatriement des fonds acquis illégalement)
g. Suggestions :
- Le FMI est appelé à redoubler d'efforts pour améliorer la surveillance de toutes les économies (mouvements de capitaux à court terme et à leurs répercussions).
- Aux institutions de financement multilatérales, il est demandé de respecter les voies de réformes définies par les pays et les capacités d'exécution de ceux-ci et de tenir compte des coûts sociaux des programmes d'ajustement.

