Les Crédits à court terme

L'activité de l'entreprise, même si elle est bénéficiaire, s'accompagne souvent de difficultés de trésorerie :

  • les achats précèdent toujours les ventes;
  • les fournisseurs exigent d'être payés rapidement, alors que les clients essaient de régler leurs dettes le plus tard possible;
  • de nombreux paiements réguliers (salaires, loyers, remboursements d'emprunts) sont découplés du cycle des achats et des ventes.

Les crédits à court terme servent à «faire l'appoint» à la trésorerie de l'entreprise le temps que les recettes se matérialisent par des rentrées d'argent.
Les Institutions financières :

  • les crédits à court terme sont davantage du ressort des banques commerciales.

Voici cependant un bref exposé des principales techniques utilisées.

Crédit de caisse

Principe :

Faculté pour l'entreprise de présenter un solde débiteur (négatif) sur son compte en banque.
Le découvert maximum est fixé par l'établissement de crédit en fonction de la situation de l'entreprise.
L'accord passé entre la banque et son client prévoit en général un délai maximal de remboursement du solde négatif.

Avantages :

Il s'agit d'un instrument très flexible. Une fois accordé, le crédit de caisse peut être utilisé et remboursé au rythme des besoins de l'entreprise.

Les intérêts sont calculés sur l'utilisation réelle de la ligne de crédit.

Utilisation :

Financement de besoins de trésorerie à court terme : l'entreprise utilise un découvert bancaire qui sera comblé peu de temps après par une rentrée d'argent.

Devise :

La devise du compte concerné.

Durée :

L'ouverture de crédit est conclue pour une durée indéterminée. Cependant, lorsque l'entreprise fait usage de sa ligne de crédit, le contrat prévoit en général un délai maximal de retour à un solde positif.

Coût :

Le crédit de caisse est une formule très chère, car le taux d'intérêt est très élevé (il n'est pas rare qu'il tourne autour de 15% en Europe). Il est donc important de l'utiliser uniquement pour financer les déficits de trésorerie causés par les décalages entre les versements des clients et les paiements aux fournisseurs.

Conditions d'octroi :

Le plafond sera fixé en fonction des besoins de l'entreprise, sur base d'une analyse de ses flux de trésorerie.
Le taux d'intérêt dépendra de la taille du découvert autorisé et du «profil de risque» de l'entreprise.
L'organisme de crédit peut exiger des garanties.

Conditions de remboursement :

À condition de respecter l'obligation de revenir régulièrement à un solde créditeur, l'entreprise emprunte et rembourse à son rythme.

Dans certains cas, le contrat peut prévoir une réduction graduelle du plafond autorisé.

 

Avance à terme fixe (straight loan)

Principe :

Prêt à court terme «classique» : montant emprunté, durée et taux d'intérêt sont fixés à la conclusion du contrat.

Avantages :

L'échéance fixe offre plus de certitude à la banque, ce qui permet à l'entreprise de bénéficier d'un taux d'intérêt moins élevé que pour une ouverture de crédit.

Utilisation :

Financement de besoins de trésorerie à court terme. Pour utiliser le mécanisme des straight loans, une gestion rigoureuse de la trésorerie est nécessaire. En effet, seule une bonne connaissance de l'étalement des entrées et sorties d'argent permet à l'entreprise de déterminer l'échéance des avances demandées.

Durée :

Il s'agit d'un crédit de court terme, qui peut aller de quelques mois à un an maximum. La durée est fixée au moment de la conclusion du contrat et dépend des échéances prévues dans le plan de trésorerie.

Coût :

Le taux d'intérêt est élevé, mais inférieur à celui du crédit de caisse.

 

Crédit d'escompte

Principe :

Le crédit d'escompte consiste pour une entreprise à tirer une traite (demander une reconnaissance de dette à son client) sur ses clients et à l'escompter ensuite auprès de sa banque, c'est-à-dire que la banque «achète» cette créance commerciale à son client à un prix légèrement inférieur à sa valeur. A l'échéance, le client de l'entreprise règle le montant de sa dette directement à la banque.

La différence entre le total de la créance et la somme payée par la banque est appelée «agio». Il comprend une commission, ainsi qu'un intérêt calculé sur la durée qui sépare le moment de l'escompte de l'échéance de la créance.

La créance escomptée sera réglée directement au banquier par le débiteur final (le débiteur de la créance commerciale).

La créance est représentée par une traite (lettre de change ou billet à ordre).

Avantages :

L'entreprise peut mobiliser immédiatement des fonds qui autrement ne seraient disponibles que dans le futur.

L'emprunt est garanti par un revenu futur.

Utilisation :

Financement de besoins de trésorerie à court terme.

Coût :

Comme il s'agit d'une avance sur un paiement futur, le crédit d'escompte coûtera moins cher que les facilités de trésorerie ou l'avance à terme fixe.

Conditions d'octroi :

L'opération présente un risque pour la banque : celui que le débiteur final n'honore pas sa dette à l'échéance. Elle soumettra donc l'acceptation de la créance à une vérification de la solvabilité du débiteur.

L'escompte a donc un coût administratif important et ne se justifiera que pour des montants élevés.

Le crédit d'escompte sera généralement octroyé sous condition : si le débiteur refuse d'honorer sa dette, la banque en réclamera le remboursement à son client.

Conditions de remboursement :

Le remboursement est effectué par le débiteur final à l'échéance.

Les deux types d'escompte :

L'escompte-cédant ou escompte client:

C'est la forme la plus courante d'escompte. L'entreprise fournit des marchandises ou un service à un client et lui accorde un délai de paiement. Elle tire une traite sur ce client.

Elle présente ensuite la traite à l'escompte chez son banquier. Si le banquier accepte, la créance devient sa propriété. Il verse à l'entreprise le montant de la créance diminué des agios.

À l'échéance, la banque réclame le paiement de la créance au client, qui s'exécute.

L'escompte fournisseur :

C'est une forme plus rare d'escompte qui permet à l'entreprise de disposer d'un délai de paiement tout en réglant immédiatement son fournisseur.

L'entreprise achète des biens ou des services à son fournisseur et accepte de signer une traite.

Le fournisseur présente immédiatement la traite à la banque de l'entreprise. La banque règle le montant de la traite au fournisseur et débite l'agio du compte de l'entreprise.

À l'échéance, la banque débite le compte de l'entreprise du total de la facture.

 

Factoring

Principe :

Le factoring est au départ un mécanisme par lequel une entreprise spécialisée (le factor) s'occupe pour le compte de son client de la gestion du recouvrement des factures. Le client se trouve ainsi déchargé des tâches de vérification des paiements, de la gestion des rappels et du recouvrement des factures impayées. En échange, il paie au factor une commission sur le total des factures qui lui sont confiées.

La plupart des sociétés de factoring proposent également à leurs clients un système de garantie : le montant de chaque facture (diminué de la commission) sera versé à l'échéance prévue, que la société facturée ait ou non réglé sa dette, à charge pour le factor de récupérer les créances impayées.

Enfin, certaines proposent à leur client un système d'escompte de factures semblable au crédit d'escompte.

Avantages :

L'entreprise est totalement déchargée des tâches liées au suivi de la facturation.

Dans le cadre du système de garantie, c'est le factor qui se chargera de la procédure de recouvrement.

L'escompte de facture permet au client de financer ses besoins de trésorerie à court terme sans avoir recours à l'avance ou au crédit de caisse.

Coût :

Le coût dépend de la formule de factoring choisie. En général, il comprend une partie fixe qui concerne la simple gestion du recouvrement, et un pourcentage des montants facturés si l'entreprise fait appel au système de garantie et à l'escompte de factures.

Institutions Financières de Développement

Les IFD  ne proposent pas ce type de produit financier. Seules les banques locales le font.